La pêche: une pratique ancestrale encadrée

Les lacs, cours d’eau et océans représentent un immense bassin alimentaire. Depuis des millénaires, la pêche fait partie de la culture et de l’identité des Premiers peuples. Elle est maintenant reconnue comme un droit ancestral lorsque pratiquée à des fins alimentaires, sociales ou rituelles.
 

La reconnaissance du droit ancestrale à la pêche et la réglementation

En 1999, dans l’arrêt Marshall, la Cour Suprême a confirmé le droit des Premiers peuples de pêcher et de chasser dans le but d’assurer un moyen de subsistance convenable. Les droits de pêche ne peuvent être limités ou enfreints que pour une cause raisonnable telle la conservation ou des impératifs de sécurité publique. Bien que ce droit ait été confirmé, il n’en demeure pas moins encadré par le gouvernement fédéral, et le terme «subsistance convenable» n’est pas interprété de la même façon pour tous.

 

La pêche de subsistance: un droit encadré

Afin d’encadrer le droit à la pêche, le ministère des pêches et océans Canada (MPO) émet des permis de pêche communautaires à plusieurs conseils de bande. Chaque permis précise les règles à respecter dans le but de conserver la ressource. Les règles viennent préciser les engins, les espèces et les zones géographiques autorisées.

Les conseils de bandes peuvent, distribuer à leur discrétion les permis de pêche délivrés par le MPO et transmettre la liste des pêcheurs autorisés au ministère. Dans certaines communautés, quelques pêcheurs sont désignés afin de récolter le nécessaire pour nourrir leurs membres, alors que dans d’autres, les permis sont délivrés à plusieurs pêcheurs qui vont pêcher pour subvenir aux besoins de leur famille. Ici, on parle de pêche de subsistance pour nourrir la population, mais est-ce que les droits protégés parlant de pêche comme moyen de subsistance convenable incluent le droit de pêcher hors-saison?

 

La chasse à la baleine, une activité traditionnelle encadrée

La chasse à la baleine constitue une activité traditionnelle et alimentaire pour les peuples autochtones du Nord. Celle-ci est pratiquée depuis des siècles, mais est visée par un moratoire depuis 1986. La chasse aux cétacés demeure toutefois autorisée pour certaines nations, et ce à des fins de subsistance. Quelques pays, tel le Japon, la Norvège et l’Islande défient le moratoire, malgré que la viande de baleine est de moins en moins consommée.

Une baleine chassée par des Inuit pourra nourrir des centaines de personnes et chaque partie de celle-ci sera utilisée, pour faire des sculptures, des bijoux, etc. Le partage des ressources représente une part importante des traditions liées à la pêche. En 2022, les  Inuit d’Iqaluit et d’Igloolik ont célébré la prise d’une baleine boréale, la première depuis 4 ans.